LA MAUVAISE ESTIME DE SOI CHEZ L'ADULTE TDAH
Pour de nombreux adultes vivant avec un TDAH, la difficulté la plus douloureuse n’est pas toujours le manque d’attention ou d’organisation, c’est plutôt le regard qu’ils portent sur eux-mêmes. Car ils sont nombreux à développer une profonde mésestime de soi, du fait de leurs oublis à répétition, la procrastination, les difficultés à gérer le quotidien.
TDAH
5/21/20263 min read
Pour de nombreux adultes vivant avec un TDAH, la difficulté la plus douloureuse n’est pas toujours le manque d’attention ou d’organisation, c’est plutôt le regard qu’ils portent sur eux-mêmes. Car ils sont nombreux à développer une profonde mésestime de soi, du fait de leurs oublis à répétition, la procrastination, les difficultés à gérer le quotidien.
Cela est conforté par les remarques qu’ils ont trop entendues : « Fais plus d’efforts », « Tu manques de volonté », « Pourquoi tu n’y arrives pas ? »
Des échecs et de la culpabilité, le cocktail maudit.
Le cerveau TDAH fonctionne différemment, surtout pour la gestion de l’attention, de l’organisation et des fonctions exécutives. Pourtant, ces difficultés sont souvent interprétées comme un manque de sérieux ou de motivation. La personne TDAH peut alors avoir le sentiment de décevoir les autres, de ne jamais être à la hauteur, de ne pas réussir à exploiter son potentiel.
Même lorsque la personne est compétente, créative ou investie, elle peut avoir l’impression que ses difficultés effacent toutes ses qualités, du fait des oublis répétés, des projets non aboutis, des retards ou des erreurs d’inattention. Cela renforce peu à peu un sentiment d’échec chronique.
Se comparer en permanence. À qui ? Pourquoi ?
Beaucoup d’adultes TDAH passent leur temps à se comparer aux autres : des collègues mieux organisés ; des amis plus investis ; des proches qui gèrent plusieurs tâches sans s’épuiser.
Cette comparaison est souvent tout à fait injustifiée, car elle ne tient pas compte de l’énergie immense que dépense la personne TDAH, pour compenser en permanence les effets de son trouble.
Certains mettent en place des stratégies pour tenir le coup au quotidien, mais qui ne sont que des compensations et pas de réelles améliorations : sur-contrôle ; perfectionnisme ; masquage des difficultés ; hyper-adaptation.
De l’extérieur, ces personnes peuvent sembler fonctionner harmonieusement. Intérieurement, elles sont en général épuisées.
Une hypersensibilité face aux critiques.
La forte sensibilité émotionnelle est une quasi constante chez les adultes TDAH. Une remarque anodine peut être vécue comme une remise en question profonde et aboutir à une crise émotionnelle dans certains cas, ce qui laisse toujours des cicatrices, et renforce la mésestime de soi en tâchant d’évaluer la « mauvaise image » qu’on a alors donné de soi.
Peur du jugement, syndrome de l’imposteur, anxiété de performance, tendance à l’auto-critique excessive : ce ne sont que quelques exemples, mais qui les poussent parfois à éviter certains projets, repousser des opportunités ou abandonner avant même d’essayer, simplement pour ne pas risquer un nouvel échec.
Comprendre son fonctionnement peut aider à changer les choses.
Recevoir un diagnostic de TDAH à l’âge adulte provoque souvent un immense soulagement. Beaucoup découvrent que leurs difficultés ne viennent pas d’un manque de valeur personnelle, mais d’un fonctionnement neurologique particulier. Et cela fait toute la différence, car « Ce n’est pas de ma faute ».
Certes, cela ne fait pas disparaître les difficultés du jour au lendemain, mais cela permet souvent de sortir peu à peu du sentiment de culpabilité, de mieux comprendre le pourquoi de son propre parcours, d’apprendre à adapter son environnement, de développer peu à peu de la bienveillance envers soi-même (apprendre à se pardonner à soi-même).
Mais comprendre le TDAH, c’est aussi reconnaître ses forces, car les adultes TDAH sont souvent créatifs, intuitifs, passionnés, sensibles et capables de penser différemment.
Reconstruire l’estime de soi, au fil du temps.
Retrouver une image plus juste de soi demande du temps. Cela passe souvent par le fait de pouvoir accepter son fonctionnement en arrêtant de se comparer sans cesse. Il faudra aussi apprendre à reconnaître ses efforts et valoriser ses réussites aussi petites soient-elles. Ou encore, apprendre à demander de l’aide sans ressentir de la honte.
L’estime de soi ne se construit pas sur la performance ou la productivité.
Il s’agit en fait d’arrêter de se battre contre soi-même, reconnaître en toute honnêteté ses propres qualités et devenir ainsi son meilleur allié.



